Profil des clients
ayant recours à des
grossesses pour autrui
aux États-Unis

NOTES SUR CES DONNÉES  : Les parents bénéficiaires faisant appel à des mères porteuses aux États-Unis proviennent soit du marché « local » (des résidents états-uniens), soit du marché « international » (des parents bénéficiaires ne résidant pas aux États-Unis). 

 

Les données présentées sur cette page proviennent de l'étude 1 International Gestational Surrogacy in the United States, 2014–2020.

La baisse de la clientèle du marché international observée en 2020 est attribuable aux restrictions de déplacement imposées par plusieurs pays pendant la pandémie de COVID-19.

Le profil de la clientèle internationale et locale ayant recours à des GPA aux États-Unis

40 177 transferts d'embryons à une mère porteuse
entre 2014 et 2020
32 % concernaient des parents bénéficiaires internationaux

Une clientèle internationale en progression jusqu'en 2019

2014 22,0 % 2 758 cycles
→
2019 39,8 % 4 905 cycles
→
2020 4 31,8 % 4 713 cycles

Profil des parents bénéficiaires transfrontaliers et locaux

Marché International Marché local (États-Unis)
 

Couples d'hommes ou hommes seuls 2

International
 
41,3 %
États-Unis
 
19,6 %

Parent(s) bénéficiaire(s) de plus de 42 ans

International
 
33,9 %
États-Unis
 
26,2 %

Parent(s) bénéficiaire(s) d'origine asiatique

International
 
65,6 %
États-Unis
 
16,5 %

D'où viennent les parents bénéficiaires transfrontaliers ?

41,7 % Chine
9,2 % France
8,5 % Espagne

Profil des mères porteuses

Moins de 30 ans

42,8 % International
29,1 % États-Unis

Identifiées comme Hispaniques

28,6 % International
11,7 % États-Unis

Techniques de procréation assistée utilisées

Ovocytes de donneuses

67,1 % International 43,5 % États-Unis

ICSI

72,8 % International 55,4 % États-Unis

Test génétique préimplantatoire

79,0 % International 55,8 % États-Unis

Marché international :

un recours accru aux techniques additionnelles de procréation assistée

Les données recueillies par cette étude démontrent que les clients internationaux ont davantage recours à des techniques additionnelles de procréation assistée (en complément des Fécondations in vitro).  Le recours plus fréquent à ces techniques coûteuses laisse supposer que la clientèle transfrontalière dispose, dans l'ensemble, de ressources financières conséquentes.

 

La Californie

Les données démontrent également que la Californie est l'État que les clients prévilégient pour établir un contrat de grossesse pour autrui aux États-Unis (64,8 % des cycles internationaux de l'étude y sont concentrés).  Selon les auteurs de la recherche, cette préférence s'explique en majeure partie par la mise en vigueur du projet de loi AB1217 (Bill 1217) adopté en septembre 2012.  Ce projet de loi a été intégré à l'article 7962 du "California Family Code " .  Avec cette disposition le lien de parentalité peut être établi AVANT la naissance de l'enfant contrairement aux autres États qui l'établissent par des processus d'adoption APRÈS la naissance.

 

Cette disposition a des conséquences directes sur l'autonomie corporelle de la mère porteuse, comme on a pu le constater dans plusieurs litiges (voir Marty et Melinda et Brittney ).

Pourquoi les États-Unis sont devenus une plaque tournante de la GPA internationale ?

Les auteurs de la recherche ont identifié quelques facteurs qu'ils estiment être contributifs, dont ;

  • Les restrictions ou l'interdiction de la GPA commerciale dans certains pays d'origine,
  • L'existence de cadres juridiques favorisant les droits des parents bénéfiaires (plutôt que ceux des mères porteuses) dans certaines juridictions américaines, notamment en Californie et en Orégon,3
  • L'accès à une expertise médicale spécialisée en procréation assistée,
  • L'accès à certaines technologies reproductives spécialisées,
  • Le contexte social et culturel américain.

Il est difficile de cibler exactement à quoi, en particulier, le contexte social cité par les auteurs de la recherche fait référence.  On peut cependant noter que le recours à des mères porteuses d'origine hispanique (possiblement originaires des pays d'Amérique du sud et du Mexique) est deux fois plus préféré par les parents bénéficiaires transfrontaliers.

 

 À cette liste, on peut également suggérer que les parents bénéficiaires transfrontaliers peuvent considérer la citoyenneté états-unienne comme un avantage pour l'enfant issu du projet de GPA. Le Département d'État s'est d'ailleurs prononcé clairement sur cette question.

Notes et références

  1. Herweck A, DeSantis C, Shandley LM, Kawwass JF, Hipp HS. International gestational surrogacy in the United States, 2014-2020. Fertil Steril. 2024 Apr;121(4):622-630. doi: 10.1016/j.fertnstert.2023.12.039. Epub 2024 Jan 2. PMID: 38176517; PMCID: PMC10978240.
  2. Les auteurs précisent que les données recueillies ne distinguent pas les couples d'hommes des hommes seuls
  3. Entre 2014 et 2020, le droit de l'Oregon n'autorisait ni n'interdisait expressément les conventions de GPA. Malgré l'absence d'une loi détaillée sur la GPA, les tribunaux inférieurs de l'Oregon accordaient des pre-birth parentage orders. Une analyse de l'UC Davis Law Review rapporte d'ailleurs que les agences de GPA considéraient l'Oregon comme une juridiction surrogacy-friendly précisément parce que ces ordonnances prénatales y étaient accordées.  La conférence de Salem sur le code de la famille de l'Orégon en 2017 rapportait ceci : "Oregon has a pre-birth procedure for amending a birth certificate so it bears the names of the intended parents and not the surrogate's. The procedure, devised by Beaverton lawyer Robin Pope about eight years ago, allows the intended parents to bypass a court hearing through a process called declaratory judgment. As a result, establishing legal parentage is "very straightforward" in Oregon, Pope said. The procedure puts Oregon "really ahead of quite a few states," said Judy Sperling-Newton, director of the American Academy of Assisted Reproductive Technology Attorneys (AAARTA) and an owner of The Surrogacy Center in Madison, Wisconsin."
  4. Les auteurs de la recherche justifient cette baisse par les mesures d'interdiction de voyagement mises en place par plusieurs États au moment de la COVID-19